Après 10 ans :
En grossissant, les racines s’étranglent et entraine une réduction d’échange entre les feuilles et les racines. Suite à cela les racines s’atrophient, et a pour conséquence un ancrage de la plante insuffisant.
Le vent est aussi un danger majeur, suite à une forte rafale de vent l’arbre pourrait s’incliner ou se renverser.
En cas de sécheresse, l’alimentation en eau est plus difficile et les arbres affaiblis sont plus sensibles aux parasites.
Multiplier le mûrier : l’art du semis
La méthode la plus fiable pour propager le mûrier reste le semis. Pour obtenir des plants vigoureux, il est essentiel de sélectionner des graines issues d’arbres sains, à feuilles lisses et larges, de préférence sur un mûrier rose. Les fruits, récoltés à pleine maturité, sont étalés sur des toiles et secoués pour ne garder que les meilleures graines. Après deux jours de fermentation dans un lieu aéré, les mûres sont écrasées et lavées pour extraire les graines, qui sont ensuite séchées à l’ombre et conservées au frais jusqu’au semis.
Contrairement à ce que certains auteurs affirment, les graines de mûrier peuvent conserver leur pouvoir germinatif bien au-delà d’un an. Le semis s’effectue idéalement en avril, sur un sol léger, meuble et bien préparé, dans une position abritée du nord. Le terrain doit être fumé et défoncé à l’avance, pour que le fumier soit bien décomposé au moment du semis.
Le semis : La voie la plus prompte, la plus sûre et la plus générale pour la propagation du mûrier, est certainement celle du semis. Si de cette manière il naît quelquefois un certain nombre de plants dont la feuille est toute découpée, en faisant un bon choix de graines, on ne peut manquer d’obtenir d’excellents résultats, et des semis presque tous à feuilles larges et entières. Quoi de préférable en effet à des mûriers de cette nature, conservant dans leurs racines et dans leurs tiges une homogénéité parfaite ! D’ailleurs le semis produit toujours des plants mieux appropriés à notre température que les espèces importées directement des pays chauds. Il est donc très-important d’apporter à la confection, au choix des graines, et aux semis, une attention toute particulière. Il sera nécessaire que le mûrier destiné à fournir la graine ne soit pas dépouillé de ses feuilles ; il serait même fort convenable de le laisser en repos un ou deux ans d’avance.
Les mûres devront être recueillies en parfaite maturité, sur un arbre formé, vigoureux, bien sain, à feuilles lisses, larges et entières, et de préférence sur un mûrier rose. Pour y procéder, on étend par-dessous des toiles grossières, et par des secousses réitérées on abat bien mieux les seules dont la graine soit parfaite ; on laisse fermenter les mûres pendant deux jours, en petits tas, sur un plancher, dans un lieu bien aéré, pour achever de mûrir les graines. Ensuite, pour opérer le lavage, on écrase et on broie avec la main les mûres dans un baquet, en y mêlant de l’eau à mesure ; on laisse reposer ; on écoule par le bord du vase ; l’eau entraîne avec elle les matières qui surnagent, et la graine se dégage ainsi de sa pulpe et des mucosités qui l’environnent. On répète cette opération jusqu’à ce que la bonne graine reste pure au fond du vase, où la précipite sa pesanteur ; on l’en retire pour la faire sécher à l’ombre dans un lieu couvert. Il faut ensuite la renfermer à l’abri de la gelée, dans un lieu frais sans humidité, et sec sans aucune chaleur, où on la conservera dans des boîtes ou des sacs jusqu’à l’époque la plus favorable pour la semer. Presque tous les auteurs qui ont écrit sur le mûrier attestent que sa graine perd la faculté de germer au bout d’un an. Nous avons souvent éprouvé le contraire ; plusieurs fois des semis de graines récoltées de deux ou trois ans nous ont donné des réussites qui ne laissaient rien à désirer.
C’est donc dans le courant du mois d’avril, plus tôt ou plus tard, selon le climat et la saison, mais toujours à l’époque où les froids ne seront plus à craindre, et lorsque la terre commence à se réchauffer, qu’il faudra opérer les semis de mûriers ; le terrain aura dû être préparé longtemps à l’avance, et autant que possible avant l’hiver.

