[1] QUAND PLANTER ?
Période idéale
Bien qu'il soit possible de planter un arbre tout au long de l'année, les périodes comprises entre mars et mai ou entre septembre et octobre sont les plus favorables. Ces créneaux permettent d'échapper aussi bien aux grands froids hivernaux qu'aux épisodes de canicule estivale. Une installation en dehors de ces mois reste réalisable mais cela imposera une vigilance constante et des soins spécifique pour garantir la reprise du jeune plant.
Hiver
La réussite d'une plantation hivernale repose sur une gestion de l'humidité et du froid. Un drainage renforcé de la terre évitera l'asphyxie des racines par les eaux stagnantes, tandis qu'une protection physique comme un voile d'hivernage ou une bouteille en plastique type "bonbonne" servant de mini-serre préservera le feuillage du gel. En complément, l'installation d'un paillage en ardoise concassée emmagasinera la chaleur en journée pour la restituer doucement au pied de l'arbre la nuit.
Été
Lors d'une plantation estivale, il sera primordial de mettre en place un paillage organique épais afin de conserver la fraîcheur du sol et de pratiquer des arrosages copieux toutes les semaines. Certain arbre comme l'asiminier requiert également un voile d'ombrage. Préférer de l'eau de pluie ou de l'eau du réseau qui laisser à l'air libre 24h.
[2] OÙ PLANTER ?
Objectif ?
La vocation d’un arbre peut être multiple : produire du bois pour récolter greffons ou boutures, donner des fruits, se cacher du voisinage, etc. Selon l’objectif recherché, l'implantation diffère : si la priorité est la production de bois, un figuier pourra être installé à l’ombre plutôt qu’en plein soleil.
Besoin en lumière
Le néflier d'Allemagne est l'un des fruitiers qui a le moins besoin de soleil pour fructifier, à l'inverse l'abricotier est parmi ceux qui en a le plus besoin, son exposition devra être plein sud. Le sureau lui sera très productif en fruits en plein soleil mais il produira tout de même à l'ombre, simplement la récolte sera moins abondante.
Besoin en nutriments
Le besoin des plantes en sels minéraux (azote, phosphore, potassium, ...) varie d'une plante à l'autre en fonction de l'importance de la biomasse produite. Par exemple, les agrumes sont les cultures les plus exigeantes en fertilisation. À l'inverse, les plantes pionnière comme la casseille ou le tilleul sont généralement auto-fertiles.
Besoin en eau
Un sol drainant ne veut pas dire un sol sans eau. L'eau sous la terre du fruitier doit "circuler" lentement sans s'arrêter. Chaque espèce à des besoins différents en quantité d'eau, par exemple le néflier du Japon à besoin en moyenne ne climat tempéré de 900mm/an.
Besoin en chaleur
Certain fruitier comme le kiwi ont besoin d'une bonne luminosité mais ne requiert pas de chaleur pour correctement fructifier et à l'inverse, le raisnier de chine ou le pacanier demanderon des été long et chaud pour bien mûrir.
Le sol
Le point commun de quasiment tous les fruitier est le besoin d'un sol riche et suffisamment drainant, c'est à dire sans eau stagnante. Il y a toutefois quelques espèces plus tolérances aux sols argileux comme les pommier et pruniers.
Besoin en pollinisation
Nombreux fruitiers nécessitent d'être plantée à minima par 2 afin de se polliniser mutuellement. C'est le cas des cerisier, prunier, noisetier, kiwi, ... N'oubliez pas de regarder ceux déjà présent autour de chez vous. La pollinisation fonctionne bien dans un rayon allant jusqu'à 50m. Pour certaines espèces (feijoa, asiminier) l'efficacité de la pollinisation impose un espacement réduit à quelques mètres.
Resistance au vent
En la matière on peut opposer le plaqueminier, dont le bois de la famille des ébénacées est réputé pour être cassant, au cognassier, dont le bois souple et dense lui confère une très bonne robustesse. Attention aussi aux arbre aux feuillages persistants plus à risque lors des tempêtes hivernales.
Sélection variétale
Au-delà de ces critères propres à chaque espèce, la sélection variétale a permis de créer des arbres aux propriétés spécifiques. Certains sont ainsi capables par exemple de bien fructifier sans autant de chaleur que l'espèce type ou encore ne nécessite pas de pollinisation croisées, comme la quetsche.
[3] FAIRE LE TROU DE PLANTATION
Étape 1 : Creuser
Dans l'idéal : creuser 40cm de largeur, longueur et profondeur. Augmenter à 60cm si la terre est de "mauvaise qualité". L'objectif est d'avoir une terre meuble pour que les racines puisse facilement se développer.
Étape 2 : Trier
Mettre la terre de surface (≈ 25cm) d'un côté et de l'autre la terre de "sous-sol". En remettant plus tard la terre dans cet ordre vous préserverez la vie du sol.
Étape 3 : Drainer
Après avoir retiré la terre, drainer le fond à l’aide d’une fourche ou barre à mine afin de briser la couche compacte. Ameublisser aussi le sol autour du trou avec une fourche à la façon d'une grelinette. Enfin, griffer de bas en haut les bords du trou.
[4] REBOUCHER LE TROU DE PLANTATION
1ère couche
Drainer le fond du trou avec quelques grosses pierres, des gravillons et/ou de la pouzzolane (environ 25kg).
2ème couche
Mélanger la terre de sous-sol (50%) avec sable de rivière ou pouzzolane (25%) + terreau (25%) + quelques poignées de basalte (option)
3ème couche
Mélanger la terre de surface (50%) avec sable de rivière ou pouzzolane (25%) + terreau (25%) + quelques poignées de basalte (option).
4ème couche
Une fois le trou rebouché ajouter 50L de fumier acheté ou maison (poule bien décomposé, lapin, ...), 30L de compost et quelques poignées de terre de forêt.
Reste de terre
Avec la terre restante vous pouvez éventuellement créer un demi cercle autour du trou afin de freiner l'écoulement de l'eau si votre terrain est en pente.
Option
Si vous voulez améliorer le drainage vous pouvez y ajouter au fur à mesure du remplissage des pelletés de pouzzolane.
[5] AVANT LA PLANTATION
Hydrater la motte
Une motte mise en terre alors qu’elle est trop sèche aura beaucoup de mal à se réhydrater par la suite.
Étape 1
Plonger le pot 10min dans une bassine rempli idéalement d'eau de pluie ou d'eau du réseau laissé à l'air libre 24h.
Étape 2
Sortir l’arbre de la bassine une fois la motte bien imbibée, laisser s’écouler l’excès d’eau, dépoter, planter.
[6] MISE EN PLACE DE L'ARBRE
Positionner
Lors de la mise en terre, retirer tout d'abord ce qu'il faut de terre au centre du trou et formez-y un petit monticule de terre. Disposez la motte sur ce dôme en orientant soigneusement les racines vers le bas. Veillez à ce que le collet (la base du tronc) affleure la surface du sol, puis stabilisez l'ensemble par un tassement manuel léger.
Arroser
Arroser toute la surface nouvellement créée avec environ 20L d'eau de pluie, auquel vous pouvez ajouter du purin d'ortie ou consoude voire de l'urine à raison d' 1/10. Cet arrosage rempli 3 fonctions : il élimine les poches d'air autour des racines, permettra de coller le paillage au sol et crée un milieu humide propice aux animaux décomposeurs. Rajouter un peu de terre si, après absorption, la motte est visible.
[7] PAILLER
Paillage organique
En fonction de ce que vous pouvez vous procurez le plus facilement épander au minimum 50 Litres de paillage minéral : Foins ou pailles (mais à tendance à attirer les rongeurs) ; Drèches de bière ; Sciures de bois ; Tonte d'herbe ; Copeaux de bois résineux ou feuillus pas d'importance ; ... Attention à ne pas coller le paillage organique au tronc de l'arbre car risque de moisissures. Lorsque le paillage est en place réarroser pour l'humidifier et le plaquer au sol.
Paillage minéral
Pas indispensable mais vous pouvez placer après le paillage organique une couche de paillage minéral constitué d'ardoises noires qui accumulera la chaleur au pied de l'arbre et découragera les rongeurs à creuser à proximité du pied de l'arbre. La chaleur au pied de l'arbre stimulera aussi la vie mirco-biologiques du sol et augmentera le taux de succès de "nouaison".
Précautions
Une fois ces étapes terminées, la terre autour de l’arbre sera tassée et compactée par vos allers-retours. Pour y remédier, faites le tour du trou de plantation avec une fourche-bêche. Enfoncez-la dans le sol non remué (celui qui n’a pas été retiré pour creuser le trou) et effectuez un léger mouvement de bascule, comme avec une grelinette. Cela permettra d’aérer la terre et de favoriser l’enracinement de l’arbre.
[8] PROTÉGER
Tuteurer
Installez un tuteur en fer à béton (2m, Ø 12mm voir plus) face au vent dominant, écarté d'environ 20-40 cm de l'arbre, en l'enfonçant le plus profondément possible. Relier l'arbre au tuteur à l'aide d'une ficelle ou mieux d'une bande large en PVC ou autre matière qui "n'étranglera" pas l'écorce. Faire lee nœud sur le tuteur et pas sur l'arbre.
Grillager
Pour prévenir les dégâts de gibier (lièvres, chevreuils), installez une enceinte de protection : plantez 3 ou 4 fers à béton (1,50 m, Ø 8 ou 10 mm) autour de l'arbre, puis enrouler y du grillage.
Isoler
Pour préserver les jeunes arbres vulnérables aux gelées pendant leur première année de plantation (comme les figuiers, certains mûriers arbre, les agrumes, etc.), utilisez une bouteille en plastique transparente (type bouteille d’eau minérale fontaine ou bonbonne de 5 à 10 litres) dont vous aurez retiré le fond. Placez-la délicatement par-dessus le jeune arbre, en l’enfonçant légèrement dans le sol pour assurer sa stabilité.
Vous devez vous souvenir que les arbres sont des êtres vivants qui grandiront et il est important de projeter leurs dimensions dans la durée. Pensez à leurs dimensions à taille adulte pour adapter votre choix à l’espace disponible dans votre jardin.

